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Il a levé son talon contre moi » – Sermon du pasteur David Jang

 

1. Psaume 41 et Jean 13

Cet écrit est une méditation centrée sur le sermon du pasteur David Jang au sujet du passage de Jean 13.18-19, où Jésus déclare : « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi », et sur l'arrière-plan vétérotestamentaire de ce propos, tiré du Psaume 41.

Dans Jean 13.18-19, Jésus cite explicitement le Psaume 41.9 : « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi. » Lors du dernier repas (la Cène), Jésus lave les pieds de ses disciples et partage avec eux le pain et la coupe, révélant par là la signification prochaine de sa mort et l'appel à l'amour mutuel entre disciples. Cependant, Jésus précise qu'il ne parle pas de tous : « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi », faisant ainsi allusion à celui qui trahira son amour. Il s'agit clairement de Judas Iscariot. Jésus rappelle alors aux disciples que cette parole réalise ce qui est écrit dans l'Ancien Testament : « C'est afin que l'Écriture soit accomplie » (cf. Jean 13.18), non seulement pour confirmer que l'Écriture s'accomplit en Jésus, mais aussi pour souligner crûment l'idée que l'un des disciples commettra la plus tragique des trahisons.

Le Psaume 41 est attribué à David. Il décrit une souffrance profonde et des scènes tragiques, notamment au verset 9 : « Mon ami en qui j'avais confiance, celui qui mangeait mon pain, a levé son talon contre moi. » Ce verset exprime sans détour la douleur d'une trahison. Au moment où David écrit ce psaume, il traverse la détresse à cause de ses ennemis qui cherchent sa vie, mais aussi à cause de la trahison d'une personne avec qui il partageait le pain à table. Dans la culture biblique, manger ensemble implique une intimité et une confiance particulières. Rompre ce lien par « le fait de lever le talon » est un acte extrêmement violent et humiliant, démontrant la violence, la colère et l'intention malveillante du traître.

Le pasteur David Jang souligne l'importance de méditer la portée profonde de ce texte en lien avec la vie de Jésus. Lors du dernier repas, Jésus annonce à l'avance son sacrifice, un sacrifice né de l'amour, et l'illustre devant ses disciples. Le lavement des pieds, tâche d'ordinaire réservée aux serviteurs, révèle l'abaissement et le service de Jésus de manière saisissante. De plus, le fait de rompre le pain et de partager la coupe préfigure le don de son corps et de son sang pour le salut des disciples. Pourtant, au beau milieu de cette communion débordante d'amour et de grâce, la trahison est déjà en germe.

Judas Iscariot, celui qui mange le pain de Jésus, devient aussi celui qui « lève le talon » contre lui. L'expression « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi » renferme à la fois la proximité de celui qui partage le pain et la brutalité de sa trahison qui anéantit cette intimité en un instant. Partager un repas n'a rien de banal : dans la culture juive, cela symbolise l'amitié et la fraternité les plus profondes. Or, celui qui était assis à cette table sainte, Judas, finit par vendre Jésus pour trente pièces d'argent. L'évangile de Jean (13.30) décrit son départ en ces termes : « Il sortit aussitôt ; il faisait nuit. » Cette image de la nuit est hautement symbolique de l'obscurité spirituelle dans laquelle Judas s'enfonce en se séparant de la lumière qu'est Jésus. Le pasteur David Jang insiste sur la gravité et la tristesse de ce moment.

En lisant le Psaume 41.1, « Heureux celui qui s'intéresse au pauvre ; au jour du malheur l'Éternel le délivre », on peut faire le lien avec la scène où Jésus lave les pieds de ses disciples et les exhorte. Jésus, de la position la plus élevée, s'abaisse pour prendre celle d'un serviteur et couvrir la faiblesse de ses disciples, leur ouvrant la possibilité de se repentir et de reconnaître leur péché. Il est crucial de noter qu'il a également laissé à Judas l'occasion de se repentir, alors même qu'il connaissait parfaitement ses intentions. Jésus a rompu le pain avec lui, il lui a lavé les pieds, cherchant jusqu'au bout à le ramener. Mais Judas n'a pas extirpé de son cœur l'avidité et la pensée de trahir. Finalement, il a choisi la voie la plus sombre.

C'est pourquoi le pasteur David Jang, à travers l'exemple de Judas, avertit de la possibilité d'une semblable chute spirituelle au sein même de la communauté de foi. Participer aux activités religieuses, être témoin direct de l'amour de Jésus, ne garantit pas un engagement fidèle et sincère. Même occuper un rôle dans l'Église (comme Judas qui gérait la bourse commune et jouissait de la confiance de Jésus et des autres disciples) ne prémunit pas contre la corruption intérieure. Ainsi, chaque croyant doit constamment s'examiner et, par la repentance et la confession dans le Saint-Esprit, préserver sa communion avec le Seigneur.

Au Psaume 41.4, on lit : « J'ai péché contre toi, Éternel ; guéris mon âme ! » C'est la prière que Judas aurait dû prononcer. Le pasteur David Jang rappelle que chacun peut pécher et succomber à la tentation, mais le pire survient lorsqu'on refuse de se repentir et qu'on dissimule ou justifie son péché, s'éloignant ainsi de la communion avec Dieu. Judas ne s'était pas résolu d'emblée à trahir Jésus, mais il a laissé la convoitise germer en lui alors qu'il s'occupait de la bourse. De plus, des divergences entre ses attentes personnelles et ce que Jésus accomplissait ont pu nourrir en lui colère et déception, le menant progressivement à commettre l'irréparable.

Pourtant, le Psaume 41.1 proclame : « ... au jour du malheur l'Éternel le délivre. » Dieu ouvre toujours une voie de retour et de salut. Lors de la Cène, Jésus a montré concrètement cette vérité envers Judas, en se mettant à genoux pour lui laver les pieds et en lui donnant le pain comme à tous les autres. Malgré cet ultime appel à l'amour et à la repentance, Judas l'a rejeté et s'est enfoncé dans la nuit. Cette scène dramatique révèle que Jésus a lui aussi connu la douleur d'être trahi par un proche, comme David.

La trahison de Judas alourdit le fardeau de Jésus d'une « croix intérieure ». Jésus, qui se dirige vers le Golgotha pour porter le péché de toute l'humanité, voit l'un de ses plus proches compagnons tourner le dos et le livrer. C'est une souffrance au-delà des mots. Le pasteur David Jang exhorte les croyants à ressentir profondément l'isolement et l'amertume de Jésus face à la croix. Bien qu'entouré tout au long de sa vie publique, dans les instants décisifs, Jésus ne trouve personne pour le soutenir. Les disciples eux-mêmes ne le comprennent pas, et finiront par se disperser ; Pierre ira même jusqu'à le renier par trois fois. Au milieu de ce tableau, la trahison de Judas est la plus douloureuse et souligne la solitude extrême de Jésus.

Quand Jésus cite le Psaume 41.9 - « Mon ami, celui qui mangeait mon pain, a levé son talon contre moi » -, on mesure à quel point cette réalité est amère pour lui. Le texte s'appliquait d'abord à David, mais Jésus en est l'accomplissement ultime. David et Jésus partagent la souffrance de la trahison, mais la différence réside dans le fait que lorsque David fut trahi et en danger, il implora le secours de Dieu, tandis que Jésus, lui, aime jusqu'au bout celui qui le trahit, au point d'aller sur la croix non seulement pour lui, mais pour tous. Jésus prie même sur la croix : « Père, pardonne-leur... » Voilà le comble de l'amour, et la preuve du péché humain le plus radical.

Le pasteur David Jang met en garde : de nos jours, nous pouvons tous avoir en nous un « cœur de Judas ». Même en ayant reçu abondamment la grâce et l'amour du Seigneur, nous pouvons à un moment donné lui tourner le dos et quitter la communion. Les germes de la colère, de la rancune, de la cupidité ne sont pas de petits problèmes. Si on néglige de les déraciner, on s'expose à se retrouver dans une spirale de chute irréversible. Judas, graduellement, a oublié l'amour de Jésus, et ses yeux se sont tournés vers l'argent, ou la recherche de bénéfices matériels, ou encore vers l'ambition politique et la déception. En fin de compte, il a choisi d'échanger Jésus contre quelques pièces d'argent, un acte destructeur dont l'issue fut tragique.

Comment éviter ce drame ? Le Psaume 41.4 donne la clé : « J'ai péché contre toi, Éternel ; guéris mon âme ! » C'est la reconnaissance de sa faute et la demande de pardon à Dieu. Le pasteur David Jang met l'accent sur la réalité du péché et la facilité à y succomber, mais souligne que le pire est de ne pas se relever, de ne pas se repentir. Judas ne s'est pas repenti et, rattrapé par la culpabilité et la ruine spirituelle, il s'est ôté la vie. Exemple bouleversant de la gravité du péché.

Malgré tout, le Psaume 41 enseigne que Dieu ne délaisse pas celui qui se tourne vers Lui : « Éternel, ne le livre pas au désir de ses ennemis » (cf. v.2). Jésus l'a montré à la Cène. Il a continué d'aimer Judas, de le servir, de lui tendre la main. C'est là la nature divine et le sens même de l'œuvre du salut : Celui qui se repent et revient à Dieu trouve le pardon. Quel que soit le péché, celui qui reconnaît sa faute et se tourne sincèrement vers Dieu obtient la miséricorde. Mais si l'homme refuse et rejette cette main tendue, Dieu ne brise pas de force sa résistance ; l'âme qui persiste dans sa rébellion se détruit elle-même, comme Judas.

Ce passage rappelle également l'importance, au sein de la communauté de foi, de veiller les uns sur les autres. Lorsque Jésus annonce : « L'un de vous me livrera », les disciples se regardent, déconcertés, sans comprendre. Aucun d'eux ne s'est employé à raisonner Judas ou à l'aider à se repentir de façon explicite. Jésus seul perçoit la profondeur de l'intention de Judas. Dans nos Églises aussi, il peut arriver que, malgré une fréquentation commune des cultes, l'un des membres nourrisse intérieurement un doute, une rancœur ou une convoitise grandissante. La communauté doit être sensible, prier et soutenir activement le frère ou la sœur en souffrance spirituelle. L'amour fraternel, les conseils et la prière partagée peuvent prévenir de futures tragédies. Mais si l'on s'en remet simplement à l'apparence, on risque de revivre la trahison de Judas.

Le pasteur David Jang souligne que le message de ce récit ne se réduit pas à la simple tragédie de Judas, mais il nous met en garde contre le risque d'une telle trahison dans notre propre cœur. En même temps, il révèle la voie de la repentance et la protection divine offertes à tous. Jésus, jusqu'au bout, a lavé les pieds de Judas et exhorté les disciples à s'aimer mutuellement. Bien que Judas n'ait pas saisi cet amour jusqu'à la fin, nous devons, en tant que croyants, nous humilier et demeurer dans la vigilance de l'Esprit, afin de ne pas tomber dans le même piège.

Le Psaume 41 mentionne à plusieurs reprises la faiblesse et la maladie de l'âme (v.3). Lorsque notre âme est malade, nous ne pouvons nous relever seuls. Dieu, Lui, visite notre couche et nous rétablit. Jésus allait à la rencontre des publicains et des pécheurs, guérissant leur infirmité spirituelle. Il a dit : « Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. » Ainsi, quand nous prenons conscience de l'obscurité et de la maladie en nous, nous devons nous tourner vers Jésus sans tarder, car c'est la voie du salut. C'est à ce prix que nous évitons la voie de Judas.

Enfin, le Psaume 41.9 trouve un écho parfait dans la scène où Judas, qui partage le pain avec Jésus, finit par Le livrer. Jésus mentionne expressément cette parole pour montrer qu'il en est l'accomplissement et pour rappeler aux disciples qu'ils comprendront plus tard qu'Il est bien le Messie envoyé de Dieu (Jean 13.19). Après la sortie de Judas, les disciples s'engageront sur le chemin de leur mission dans le monde. La trahison de Judas cause une souffrance extrême à Jésus, mais elle fait aussi partie du plan rédempteur de Dieu. Par ce biais, Jésus s'achemine vers la croix, assumant pleinement son rôle de Dieu fait homme portant le péché du monde. Cette méditation nous invite à nous demander, avec crainte et tremblement, si nous n'avons pas, nous aussi, tendance à lever le talon contre le Seigneur, et à nous rapprocher de Lui dans la repentance. C'est là tout l'enjeu actuel du message conjoint de Jean 13.18-19 et du Psaume 41.


 

 

2. La trahison de Judas et les défis de la communauté ecclésiale

Le pasteur David Jang applique ce passage à la réalité de l'Église d'aujourd'hui. Il attire notamment l'attention sur l'état d'esprit de Jésus, que révèle l'expression « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi », et sur l'insensibilité des disciples, qui ne perçoivent pas ce que Jésus lui-même ressent. Jésus entretient une relation extrêmement intime avec ses disciples, au point de confier à Judas la gestion de la bourse commune. Mais, malgré toute proximité et malgré l'écoute commune des enseignements de Jésus et la participation aux miracles, si la cupidité occupe le fond du cœur, la trahison peut surgir à tout moment.

Après le départ de Judas, les disciples ne comprennent pas ce qu'il est en train de faire. Bien que Jésus ait annoncé : « L'un de vous me livrera », ils ne prennent pas la mesure de la gravité du moment, ni ne tentent de rattraper Judas. Certains imaginent qu'il est simplement sorti pour faire l'aumône ou acheter ce dont on a besoin pour la fête, ce qui reflète une certaine cécité spirituelle. Dans l'Église d'aujourd'hui, on constate des situations similaires : quelqu'un assiste fidèlement au culte, participe même au service et aux activités de l'Église, mais se met finalement à trahir ou à chuter gravement. Le plus souvent, c'est que des blessures, mécontentements ou péchés non résolus s'accumulaient en secret, alors que la communauté, rassurée par l'apparence, ne s'en était pas souciée. Une communion profonde et une attention mutuelle, soutenues par la prière, auraient pu prévenir ce drame, mais faute de s'être inquiétés de la véritable condition spirituelle de la personne, on se retrouve face à une catastrophe.

L'expression « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi » révèle combien il est illusoire de penser qu'un simple partage de table assure une communion sincère. Judas vivait depuis plus de trois ans au contact direct de Jésus, voyait les miracles, entendait la Parole, participait à l'évangélisation. Extérieurement, il semblait engagé. De plus, gérer la bourse commune témoigne qu'il était réputé fiable. Pourtant, son cœur s'est rempli d'avidité et l'a poussé à vendre son Maître pour trente pièces d'argent. Voilà qui montre que l'apparence peut être trompeuse et que l'Église ne doit pas juger seulement sur les actes visibles. Elle doit cultiver l'authenticité, la vigilance spirituelle, l'encouragement fraternel et la réprimande aimante quand c'est nécessaire. Sinon, de telles tragédies se reproduiront.

Attardons-nous aussi sur l'attitude de Jésus. Bien qu'il connaisse parfaitement le cœur de Judas, il ne l'abandonne pas. Jusqu'à l'ultime instant, Jésus l'accueille à la table, lui lave les pieds et le traite comme les autres. « Heureux celui qui s'intéresse au pauvre », dit le Psaume 41.1. Jésus incarne ce principe en se montrant patient et compatissant envers Judas, dont l'âme est spirituellement pauvre et malade. Toutefois, Judas s'endurcit et rejette cet amour. Voilà le drame de la rencontre entre l'amour divin et la liberté humaine : même si Dieu tend la main, c'est à l'homme de l'attraper. Judas a choisi la nuit et la perdition.

Selon le pasteur David Jang, ce fait éclaire l'action pastorale et communautaire : si l'on perçoit qu'une personne s'engage dans une voie erronée, il faut tout tenter pour la ramener, jusqu'au dernier moment. Il faut aimer comme Jésus, exhorter, donner des chances de se repentir. Bien entendu, il y a aussi le devoir de protéger le reste de la communauté ; il faut donc agir avec sagesse. Mais la priorité reste d'appeler au repentir et d'offrir la réconciliation, plutôt que de juger et d'exclure immédiatement. Malgré tout, si l'autre persiste à refuser, il porte seul sa responsabilité.

Il est aussi capital que chacun s'examine. Dans un autre évangile, quand Jésus dit : « L'un de vous me livrera », tous les disciples se demandent : « Seigneur, est-ce moi ? » Ainsi, tout croyant doit se poser la question : « Suis-je en train de trahir le Seigneur ? Ai-je un grief ou une convoitise latente à son égard ? Est-ce que je me souviens vraiment de son amour et en vis-je dans la reconnaissance ? » Nous devons nous juger nous-mêmes dans le Saint-Esprit, afin de ne pas être comme Judas. Et si nous sentons que nous nous éloignons de Dieu, il faut immédiatement s'arrêter et implorer le pardon, parce qu'avec le temps, le cœur s'endurcit et on se trompe soi-même.

La prière du Psaume 41.4 - « J'ai péché contre toi, Éternel ; guéris mon âme ! » - est ainsi cruciale pour tout croyant dans sa marche. Nous sommes tous pécheurs, vulnérables aux tentations ; nous avons besoin de repentance quotidienne. L'Église est appelée à être un hôpital spirituel où les pécheurs se repentent ensemble, se soutiennent et progressent. Le lavement des pieds que Jésus enseigne est un modèle d'humilité et de service mutuel. C'est aussi la mission de l'Église : soigner les plus faibles, les pauvres, les malades, les conduire au repentir, pour qu'ils retrouvent la communion avec Dieu. Si l'Église manque à cette vocation, les « Judas » se multiplieront.

Le pasteur David Jang ajoute que « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi » soulève une question pour tous : « Suis-je réellement reconnaissant du pain que me donne le Seigneur, ou bien suis-je sur le point de lever le talon contre Lui ? » Il s'agit autant d'une interpellation individuelle que collective. Manger le pain du Seigneur, c'est communier à la Cène, participer à son sacrifice, partager sa grâce. Mais si, au lieu de saisir la profondeur spirituelle de ce geste, on le fait machinalement, sans gratitude ni communion réelle, le cœur s'endurcit et le rituel peut se vider de son sens, ouvrant la porte à la trahison. Ce danger nous concerne tous.

Le pain de Jésus est pain de vie, son sang est le symbole du salut éternel. Chaque fois que nous prenons la Cène, nous devons nous souvenir de notre condition de pécheur, et du sacrifice qu'Il a consenti pour nous. Le pasteur David Jang insiste sur la nécessité pour les pasteurs et les responsables de rappeler ce sens profond lors de la Sainte Cène. « Ceci est mon corps, ceci est mon sang, faites ceci en mémoire de moi », tel est l'appel à se souvenir de la mort de Jésus, jusqu'à ce qu'Il revienne, et à s'engager à vivre selon son amour. Mais si tout devient simple formalisme, l'âme peut paradoxalement s'éloigner davantage du Seigneur. Judas a physiquement mangé le pain que Jésus lui donnait, mais il n'en a pas saisi la signification. À peine ce pain avalé, il a plongé dans la nuit. C'est l'exemple le plus radical de la Cène mal reçue. Pour que l'Église d'aujourd'hui évite ce piège, il faut sans cesse invoquer l'Esprit, afin d'être éclairés et préservés d'une pratique routinière et vide.

Jean 13.18-19 souligne par ailleurs que Jésus annonce ces choses à l'avance « afin que, lorsqu'elles arriveront, vous croyiez que je suis (l'envoyé) ». La trahison de Judas, bien qu'horrible, confirme d'une certaine manière la souveraineté et la prescience de Jésus, et fait partie du plan de salut. Ainsi, après la mort et la résurrection du Seigneur, les disciples, se rappelant ces paroles, ont puisé une foi plus ferme et ont pu fonder l'Église. Même la pire situation sert finalement l'accomplissement des desseins de Dieu. Cependant, cela n'annule en rien la responsabilité de Judas, qui ne s'est pas repenti. C'est un exemple frappant de la rencontre entre la souveraineté divine et la liberté humaine. Le pasteur David Jang insiste : même si Dieu peut tirer un bien de nos péchés, ce n'est pas une raison pour justifier nos fautes. La culpabilité demeure pleinement nôtre si nous ne revenons pas à Dieu.

Au final, la grande leçon de Jean 13 et du Psaume 41 est le contraste entre l'amour de Jésus, qui aime « jusqu'à la fin », et l'homme qui peut refuser cet amour « jusqu'à la fin ». Judas est l'incarnation la plus extrême de ce refus. Pour l'Église, cela implique deux points : d'une part, il faut aimer et exhorter, persévérer dans la compassion, et d'autre part, si quelqu'un s'obstine dans le péché, la communauté ne peut pas le forcer à se convertir. Le pasteur, les responsables et les frères et sœurs doivent faire preuve de patience, de prière et d'amour pour quiconque s'éloigne, mais celui qui ne se repent pas en portera la responsabilité.

David Jang conclut que nous devons tous être sur nos gardes face au risque de trahir la grâce du Seigneur, même au sein d'une étroite communion. Il faut en même temps veiller à ce qu'aucune rancœur ni convoitise ne grandisse dans notre cœur. Car Satan exploite la moindre faille pour précipiter la chute. Mais si nous voyons quelqu'un dérailler ou rompre avec l'Église, nous devons, à l'exemple de Jésus envers Judas, tenter jusqu'à la dernière seconde de l'aimer. Même si nos efforts sont rejetés, nous aurons fait tout ce qui était en notre pouvoir. Si l'autre reste fermé, il en est responsable et devra faire face aux conséquences de son choix.

C'est la ligne de conduite pour aborder les divisions et trahisons au sein de l'Église. Bien des fidèles sont blessés lorsque surviennent des conflits ou des désertions inattendues. Dans de tels cas, se souvenir du Psaume 41 et de l'exemple de Jésus invite à ne pas juger sommairement ni rejeter, mais à rechercher d'abord la repentance et la réconciliation. Il est vrai que certains, tel Judas, peuvent refuser obstinément. Même dans l'Écriture, la grâce de Jésus n'a pas été accueillie par tous. L'important est que l'Église ait mis en pratique l'amour intégral du Christ.

En définitive, le message que le pasteur David Jang veut transmettre est clair. Le Psaume 41 et Jean 13 montrent que la trahison vécue par David et par Jésus peut se reproduire. Elle survient quand un cœur pécheur et malade ne se repent pas. Cependant, Dieu offre toujours une porte de salut. Jésus, lors de la Cène, a lavé les pieds de Judas et lui a donné le pain comme aux autres. Il a expliqué aux disciples que tout ce qui se passait accomplissait les prophéties, pour qu'ils croient en sa messianité. L'histoire du salut conjugue la souveraineté de Dieu et la liberté humaine. L'Église doit tenir ensemble ces deux réalités en exerçant à la fois l'amour et l'exhortation. Elle doit aussi rester humble, consciente du risque de tomber elle-même dans la trahison, et demeurer en éveil spirituel. Enfin, lors de chaque culte et de chaque sainte cène, le croyant doit s'interroger : « Me souviens-je véritablement du sacrifice de Jésus pour moi ? » Seul cet examen vigilant peut nous préserver de rejouer la douloureuse scène : « Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi. » Au contraire, il s'agit d'être une communauté pleine d'amour et de service, là où la grâce de Jésus-Christ s'expérimente véritablement.

Le pasteur David Jang résume ce parcours par l'idée de « marcher jusqu'au bout avec l'autre ». Jésus, sachant la trahison de Judas, lui lave pourtant les pieds et lui donne une dernière chance. De même, l'Église doit persévérer dans l'amour et permettre la repentance. Toutefois, la décision finale appartient à l'individu, car Dieu n'impose pas Sa grâce de force. Mais, même si certains choisissent l'obscurité, la communauté doit s'assurer d'avoir imité Jésus, d'avoir offert l'amour jusqu'au bout. C'est ainsi que se concrétise l'idéal de la communauté chrétienne, qui évite autant que possible la répétition de ce geste funeste : «

Celui qui mange mon pain a levé son talon contre moi », et vit plutôt dans la plénitude du service et de l'amour mutuel.